Le KAP 'ti vent : voler par vent faible 19/09/2024
Auteur : M. Dehaye

Un challenge

Immobiles et avançant !

Souvent imposée par les conditions météo du moment, la pratique du kap par vent faible est un challenge car la faible tension complique l’élévation de l’appareil, remise en cause à chaque baisse du vent !

Cette situation de ligne peu tendue (« slack line ») — souvent en dessous d’un kg — peut sembler agréable pour la douceur du vol, mais nécessite de revoir l’ensemble du système de PACV ainsi constitué pour le rendre plus réactif. Voler par vent faible nécessite surtout une patience à toute épreuve !

les options:

R12 Y. Leroy

1. Choisir un cerf-volant plus grand et plus puissant. L’augmentation de surface est souvent la clé et on peut alors choisir parmi les -très- grands deltas (> 4m), les rokkakus ou rokker de plus de 2,20 ou des cv de vent faible: dopero, fled, genki…. Attention ! Certains cv de pétole ont parfois un comportement à surveiller : fled, clipper…. Et la plupart des cerfs-volants de vent faible supportent mal la montée du vent.
Certains porteurs, bien conçus, permettent de ralentir la descente lors de la baisse de vent, jouant véritablement le role de parachute et laissant le temps de réagir. Et de "rester en place" en attendant le prochain souffle.

2. Changer de ligne. Rien ne sert d’alléger l’équipement si on garde une ligne épaisse et lourde. Une ligne de type dyneema, privilégiée en cerf-volant pilotable, est plus fine à résistance égale. Elle apporte un supplément de sécurité à poids égal….sauf si le risque de frottement sur un obstacle ou une autre ligne existe, compte tenu de la température de fusion très basse du dyneema. Des lignes Dacron sont moins risquées.
Cf la fiche sur les lignes

© W. Bieck

3. L’utilisation d’un enrouleur « rapide » facilite l’exercice car il retend rapidement la ligne dans les déventes et évite de poser l’apn au sol. la rapidité d’enroulement crée une sorte de vent relatif : le kap manivelle ;-) Sinon soyez prêts à rembobiner rapidement.
Cf la fiche sur les enrouleurs

4. Alléger la nacelle et l’apn. Cela tombe sous le sens mais plus le matériel à soulever sera léger, plus il a des chances de monter ! Nous entrons dans le monde du mini:

  • nacelles dont Wolfgang a le secret, - voire pas de nacelle du tout ! - ,
  • appareils miniatures quitte à sacrifier un peu la qualité du capteur, et de l’objectif !
    simple
  • avantage: le petit vent est souvent moins remuant et un simple pendule ou élastique peut faire affaire ! voire un accrochage direct à la ligne !
    Gardons en mémoire la créativité dont nos prédécesseurs ont fait preuve.

Un vrai plaisir

Quand on y prend gout, voler “slack line” est assurément un réel plaisir ! On joue avec le vent en tentant parfois l’impossible! La faible tension rend les mouvements doux. Au point qu’on se surprend alors dans le vent normal à prendre un cerf-volant plus petit et conserver ainsi cette sensation de légereté !
Cela permet de tenter des images impossibles à obtenir lorsque le vent est présent: reflets dans l’eau ou l’immortalisation de cerfs-volants qui eux-mêmes ont besoin de petit vent:

voir les magnifiques mais si légères créations de Patrice Peigné!
Et que dire du plaisir un peu taquin à participer à la marche triomphante au coeur du troupeau des éléphants de Carpe Diem que j’admire tant. !

(c) Patrice Peigné

Y. LEROY

Bravo à Carpe Diem pour cette magie et cette légèreté !

Avis Comité d'Orientation : Le plaisir de voler en « slack-line » est certain, mais les risques sont importants pour le matériel. S’exercer avant d’accrocher un matériel coûteux ! Voler sans vent reste un challenge !