
Le rouge de mon roller me monte aux joues quand j’évoque une de mes premières mésaventures de vent qui forcit. Nous sommes dans un des plus beaux – et fréquentés ! - parcs de Normandie et le vent est très faible. Je sors un roller (2,1m) que j’avais fabriqué léger pour faire face à ces situations ou il n’est pas simple de lever un appareil alors que le vent reste faible.

Je connaissais l’aptitude de ce cerf-volant, à se déformer sous un vent même léger : récemment conçu et monté un peu vite, il remplaçait mon vented roller, redoutable d’efficacité dans ces conditions, chapardé dans la voiture, avec tout mon équipement !!
Les premières images se passent sans souci et le vent commence à se lever.
Aussi décidé-je, vu l’environnement, de plier et me contenter des premières vues. Le rembobinage se passe bien : je récupère la nacelle et pose l’appareil au sol, et continue le rembobinage délicatement. Tout à coup le roller se met de travers ! Je relâche la ligne pour tenter de le redresser, espérant aussi qu’il aura la bonne idée de se poser derrière les immmmmenses arbres qui se trouvent là depuis des siècles. L’idée du roller est autre : il s’installe à la cime de l’un d’entre eux ! Et laisse traîner sa ligne lamentablement, à travers ce bosquet d’une hauteur à peine croyable !
Evidemment vu les alentours, pas simple de lancer un autre cerf-volant pour tenter le repêchage du délinquant ! Quelques jours après un ami grimpeur et élagueur m’accompagnera avec ses cordes et autres équipements pour récupérer le fugueur avant de déclarer au pied de l’arbre que là, il ne pouvait rien ! Le propriétaire apparemment moins tracassé que moi me dit que de toutes façons, il doit faire intervenir un élagueur dans l’hiver et qu’il sera temps de voir. La légende dit que sa femme ne le voyait pas ainsi et mes oreilles ont sifflé pendant des années !! Pour un bon billet – assurément mérité ! - l’élagueur m’a restitué le roller après quelques mois dans les arbres ! Il est parti à la poubelle.
Les leçons
- Les cerfs-volants de petit vent sont vite mal à l’aise si le vent, parfois joueur, monte. Il faut bien se familiariser avec chacun et connaître leur limite haute de vent, là ou les ennuis commencent ! Un signe peut être le moment ou le cerf-volant perd de l’angle, ou qu’il se désaxe légèrement.
- Le poids ne justifie pas tout en KAP ! La structure du cerf-volant doit lui permettre de rester rigide pour affronter un vent qui monte. En l’espèce l’armature était sûrement trop fine – C8 mm de mémoire - pour rester rigide par rapport à la surface déployée. C’est souvent la déformation excessive du cerf-volant qui provoque son comportement erratique.
- Un cerf-volant « moyen » ne doit pas être utilisé en KAP ! Une météo un peu capricieuse aura vite fait de révéler les défauts !
- C’est à nous de nous adapter à l’environnement ! Ou alors faites des cerfs-volants couleur camouflage, les comtesses seront peut être plus indulgentes !
NB Il m’est arrivé une situation quasi similaire quelques années plus tard avec un superbe dopero, victime lui aussi de la montée du vent. L’armature en P400 était aussi un peu souple pour faire face à la montée sensible du vent. Ceci confirme que les cv à bon rendement dans les vents légers – Rokkaku, dopero, genki, fled… - sont parfois plus capricieux et peu contrôlables lors d’une montée de vent.
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